Teatower Liège dans la rue Saint Paul

Pourquoi Teatower Liège ouvre chaque premier dimanche du mois

Chaque premier dimanche du mois, nous ouvrons les portes de notre boutique liégeoise. C'est une initiative portée par l'Association Liégeoise des Commerçants, et nous y participons avec conviction. Pas par obligation. Par bon sens.

Le paradoxe liégeois

Malgré cette initiative, la réalité est brutale : la grande majorité des commerces liégeois restent fermés le dimanche. Rideaux baissés, vitrines éteintes, rues désertes.

Pendant ce temps, des milliers de Liégeois prennent leur voiture. Direction : Maastricht. Quarante minutes de route vers le nord, vers les Pays-Bas, pour faire ce qu'ils ne peuvent pas faire chez eux — flâner, découvrir, acheter un dimanche.

L'argent liégeois part à Maastricht. Les emplois liégeois restent hypothétiques. Et nos centres-villes se vident un peu plus chaque week-end.

Un loyer commercial ne prend pas de jour de repos

Soyons clairs sur les chiffres. Un bail commercial court 7 jours sur 7, 365 jours par an. Fermer le dimanche, c'est renoncer volontairement à 15 % de son temps commercial tout en payant 100 % de son loyer.

Pour un commerce de centre-ville comme le nôtre, cela revient à offrir à son propriétaire une journée gratuite chaque semaine. Cinquante-deux dimanches par an où le compteur du loyer tourne, mais où la caisse reste fermée.

En tant que commerçant, je considère que c'est une erreur stratégique.

Ce que nos données nous disent

Chez Teatower, nous avons la chance de vendre aussi en ligne. Et nos données e-commerce racontent une histoire limpide : **le dimanche est notre pic de commandes de la semaine**. Là où un vendredi génère 7 à 8 commandes, un dimanche matin en génère 34 à 35.

Pourquoi ? Parce que le dimanche est le moment du rituel. Le moment pour soi. Celui où l'on prend le temps de choisir son thé, de découvrir une nouvelle infusion, de s'offrir un instant de bien-être. C'est le moment exact où notre cliente — souvent une femme de 30 à 45 ans, attentive à son équilibre de vie — se connecte à ce qui lui fait du bien.

Ce moment existe déjà. Il se passe en ligne parce que nos portes physiques sont fermées. Imaginez ce que cela donnerait avec une boutique ouverte, un accueil chaleureux, une dégustation.

Ma conviction

Je ne crois pas au commerce du lundi au samedi. Je crois au commerce du week-end complet.

Le samedi et le dimanche sont les deux jours où les familles sont ensemble, où les couples se promènent, où les amis se retrouvent en ville. Ce sont les deux jours où le commerce de détail a le plus de sens — parce que l'achat en boutique est aussi un loisir, une sortie, une expérience.

Fermer le dimanche, c'est dire à nos clients : "Revenez un mardi entre deux réunions." C'est absurde. C'est se couper de son meilleur moment commercial pour respecter une habitude qui n'a plus de raison d'être.

Un appel à Liège

Mon texte s'adresse à trois publics.

**À nos équipes** : ouvrir le dimanche demande un effort d'organisation. Des plannings adaptés, une rotation équitable, une compensation juste. Nous nous y engageons. Parce que si nous demandons à notre équipe d'être là le dimanche, c'est que nous croyons que ce jour fait la différence — pour nos clients et pour la pérennité de nos magasins.

**Aux commerçants liégeois** : chaque boutique fermée le dimanche est un argument de plus pour prendre la voiture vers Maastricht. L'ouverture dominicale ne fonctionne que si elle est collective. Un seul commerce ouvert dans une rue morte, c'est un effort vain. Dix commerces ouverts dans la même rue, c'est une destination. L'Association Liégeoise des Commerçants a raison de pousser cette dynamique. Suivons-la.

**Aux décideurs politiques** : le commerce de détail en centre-ville se bat pour survivre face au e-commerce, aux retail parks et aux villes voisines plus attractives. Faciliter l'ouverture dominicale — par des assouplissements réglementaires, des incitations fiscales, une animation de centre-ville le dimanche — n'est pas un luxe. C'est une question de survie économique pour nos quartiers commerçants.

Le choix de Teatower

Nous ouvrons chaque premier dimanche du mois à Liège. Ce n'est qu'un début. Notre ambition, à terme, est d'ouvrir tous les dimanches — parce que c'est là que nos clients nous attendent, et parce que c'est cohérent avec notre modèle économique.

Le thé est un rituel du dimanche matin. Notre boutique devrait l'être aussi.

Retour au blog